lundi 4 octobre 2010

Un an à l'école de la vie ...

Après un an d’immersion totale dans notre pays d’adoption, nous commençons à vraiment nous sentir totalement chez nous. Non seulement parce que notre entourage ne nous regarde plus comme des étrangers de passage mais bien comme l’un et l’une de leurs pairs, mais aussi parce que nous ne regardons plus les indonésiens comme un peuple étranger mais comme des frères à aimer et à accepter.
Avec un peu de recul, nous mesurons aussi combien nous avons pu parfois apparaître trop « sûrs de nous », parfois trop hâtifs dans nos jugements et trop pressés du rendement. Et oui, plus les jours défilent et plus nous prenons conscience qu’ici, les Indonésiens n’attendent pas de nous de grandes révolutions, mais bien d’être écoutés afin que de cette écoute naisse une véritable coopération. 
Vivre avec est de plus en plus une source de joie, une grande richesse dont nous avons bien conscience. C’est une joie de saluer ses voisins le matin, c’est une joie de saluer les étudiants de la comédie musicale entre deux cours et de les encourager dans la nouvelle pièce qu’ils veulent monter, c’est une joie d’enseigner l’anglais et de découvrir que certains étudiants ont bien amélioré leur niveau à la suite du cours intensif que nous dispensions cet été. C’est une joie aussi de discuter avec un membre de l’université avec lequel nous n’avions eu que de brèves échanges tendus et de constater que si nous étions rentrés plus tôt (en France !), cette évolution n’aurait pas été possible. C’est une joie de saluer ses amis à la sortie de la messe, une joie de les retrouver au hasard d’un supermarché ou d’une rue. C’est aussi une joie de mieux connaître sa ville, de moins se sentir perdus face à la conduite sportive des manadonais sur les routes et surtout de ne plus avoir peur de décliner une invitation à partager un plat de chien tout en gardant un large sourire aux lèvres comme le font si bien les asiatiques.C’est enfin une joie de partager tout simplement leur quotidien avec les mêmes moyens, une joie d’apprendre à ne pas pouvoir tout acquérir et de se contenter de ce que l’on a... c’est alors là que la Providence prend tout son sens.

Nous mesurons encore plus dans ce contexte combien nous sommes gâtés par la vie en France, combien les facilités abondent, même si nous ne les voyons parfois plus du tout. Pourquoi ? Parce qu’ici, à Manado, le service public n’existe pas, ou si peu. Parce que les habitants n’ont pas d’eau courante, parce qu’il n’y a pas d’électricité toute la journée(record en date : 7h d’interruption le 9 septembre !), parce qu’il n’y a pas de réseau de trains et encore moins de métro – tâche très difficile que de leur expliquer l’intérêt du métro... – parce qu’avoir un vélo est un luxe, parce qu’il arrive souvent que des hommes se noient dans le port faute de savoir nager, parce que les enfants n’ont plus école après 11h et qu’ils n’ont pas de devoirs... ce qui implique un certain désœuvrement dans les rues l’après- midi, parce que la route très endommagée ne sera pas nécessairement réparée, parce que la sécurité sociale est inexistante et que les soins médicaux sont réservés à ceux dont les moyens leur permettent de financer leur séjour hospitalier, parce que pour obtenir un papier administratif il vous faut obligatoirement arroser copieusement tous les échelons du bureau et parce que pour recevoir votre courrier, il vous faut arroser le facteur !

Voilà, s’il fallait résumer, la satisfaction de cette première année de mission, tant à l’université qu’ailleurs. Autant de raisons de vivre dans l‘Esperance que le meilleur reste a venir. Une chose est certaine: c’est une joie immense de servir l’Eglise et nous sommes très heureux sous nos chaudes latitudes !

Aucun commentaire: