lundi 10 mai 2010

Fatalité ou espérance ?

Voici un extrait de la newsletter d'Amélie et Aubin Leduc, volontaires MEP en Papouasie ... c'est très vrai et nous partageons absolument le même sentiment.
Bonne semaine !

"Il y a une part de fatalité très présente dans l’intellect indonésien. « C’est cassé, c’est cassé. Tu tombes, ce n’est pas de chance. » Il n’y a pas de raison de s’affoler ou de bousculer son quotidien.
En cours d’économie, quand je leur ai appris que les premières télévisions étaient une grosse caisse en bois, qu’il y avait quelques chaines disponibles et que l’écran était en noir et blanc, et bien… ils se sont bien moqués de moi. Les premiers appareils photos : des petites caisses en bois montés sur des roulettes ? les premiers téléphones : de petites valises portatives ? pas possible ! Je les ai fait rire jusqu’à la fin du cours. Chez eux, la télévision est arrivée presque avec un écran plat, avec le câble et ses 200 chaines ; les portables sont des petits bijoux de technologie ! Ils ne se posent pas la question du « pourquoi ? ».

Les bananes poussent toutes seules alors pourquoi pas les portables ?
Nos indonésiens sont complètement détachés de la propriété privée (« je trouve, je me sers ») et ils sont détachés des biens matériels. J’ai besoin d’une échelle, je la prends où qu’elle soit, je m’en sers et la laisse sur place. J’ai soif, je prends une bouteille, je bois et la laisse tomber par terre. J’ai besoin d’attraper quelque chose ? Je monte sur la tuyauterie, je la casse car elle ne peut, bien entendu, pas supporter mon poids, je retombe, je vais chercher une chaise, j’attrape ce que je veux, et je laisse la tuyauterie fuyante et la chaise sur place. J’ai besoin de faire la vaisselle : je vais au robinet, je l’ouvre (je viens de casser la tuyauterie il n’y a donc plus d’eau à l’extrémité du tuyau), je le laisse ouvert, je vais chercher un sceau, et je vais prendre de l’eau à un autre robinet."

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